Le blog des eip

Les deux premières éditions du Paradoxe de la précocité intellectuelle furent assurées par le CRDP de Haute Normandie. La troisième édition fut torpillée par le Scéren-CNDP puis coulée par Bénévent. Ce blog en garde la mémoire.

29 mai 2014

RIAD SATTOUF L'Arabe du futur

RIADRiad Sattouf m'avait donné la page de couverture du Paradoxe de la précocité intellectuelle. Il y a une raison supplémentaire pour évoquer ici le succès de sa dernière bande dessinée L'Arabe du futur (Allary Editions):

A la page 58, son institutrice détecte l'éventualité de précocité dans l'originalité des dessins de Riad. Sa grand'mère s'inquiète: "Elle pense qu'il est surdoué ? J'espère pas. Ils sont malheureux les surdoués... Au début ça va, puis ils finissent débiles...."

A compter de ce jour, Riad ne dessinera plus la tête de Pompidou (il ne connaissait pas encore Alain Madelin !) mais fera comme tout le monde. On n'entendit plus parler de "prévenir l'Académie".

Son talent n'aura pourtant pas disparu derrière la stratégie des "gribouillis" pour remplacer les dessins plus achevés. Les bandes dessinées vont se succéder parfois autobiographiques (déjà) et parfois non (Pascal Brutal).

L'ARABE DU FUTUR rencontrera une audience bien au delà du cercle initial des amateurs du style Riad (Libération, Charlie Hebdo, Les Inrocks, Télérama, France Inter) . Ce cercle qui d'ailleurs, n'aura pas suffi pour assurer le succès de son second film (Jacky et les filles) qui méritait pourtant de remplir les salles autant que LES BEAUX GOSSES.

L'ARABE DU FUTUR conte les difficultés d'un couple mixte dans la Lybie de Kadhafi puis la Syrie d'Hafez el-Assad. Les bons souvenirs que Riad dit garder de son enfance ne cachent rien des conditions de vie imposées à sa famille par Abdel Razak Sattouf, son père à qui la Sorbonne voudra bien accorder un doctorat d'Histoire. Avec la mention "honorable" seulement puisque, c'est connu, la France est raciste.

C'est un genre littéraire de tuer le père (ou le grand père) une seconde fois (Dominique Fernandez, Garouste, Pascal Bruckner, ou Alexandre Jardin). Riad Sattouf pourrait rejoindre ses aînés.

Abdel Razak, adèpte du panarabisme, voudrait libérer son pays de l'intégrisme religieux. Mission incertaine et téléscopage des cultures puisque, pour Riad, Dieu sera incarné (provisoirement) par le visage de......Georges Brassens.

La ville d'Homs, malheureusement détruite, n'était pas radieuse aux yeux de ce petit garçon harcelé par ses cousins qui le croyaient juif à cause de ses cheveux blonds.

Le premier tome est sans concession. Les deux suivants devraient être encore plus "forts" et la vie de Clémentine, sa mère, exemplaire. Riad y travaille. 

  

Posté par djdj à 19:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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