Le blog des eip

Le Paradoxe de la Précocité Intellectuelle est un petit manuel destiné aux personnels de l'Education ainsi qu'aux parents des petits surdoués. La seconde édition de 2006 est à nouveau épuisée. Le Paradoxe a trouvé un nouvel éditeur. Des précisions bientôt.

13 mai 2008

LES REFORMES DE L'EDUCATION NATIONALE...

...n'ont pas seulement à surmonter les obstacles des manifestations et "grèves" lycéennes, ne doivent pas seulement dépasser les obstructions syndicales corporatistes ou idéologiques. Elles sont également victimes de l'inertie d'un système qui n'obéit plus aux commandes.

L'exemple suivant en est l'illustration:

Le présent blog consacré aux e.i.p. a été créé au moment où le ministère (pour être précis, la Direction générale de la scolarité:DEGESCO) adressait une enquête, le 9 octobre 2006, rappelant les objectifs de la loi d'orientation et de programme, aux Inspections Académiques. Le ministère souhaitait connaître la suite donnée dans chaque département en faveur de l'accueil adapté aux petits précoces.

Cette circulaire a fait le tour des services d'une inspection académique où chacun se demandait ce qu'on pouvait bien répondre (puisqu'on n'avait rien fait) jusqu'à ce qu'un bureau se souvienne vaguement que j'avais travaillé, dans mon collège, avec des eip pendant dix ans. Le questionnaire de la DEGESCO me fut donc envoyé.

Pour rappeler recteurs et I.A. à l'ordre et surtout à leurs devoirs la circulaire parue au BO 38 du 25 octobre 2007 ( évoquée à plusieurs reprises dans le présent blog), a insisté sur la formation qu'il convenait de mettre en place auprès des enseignants. Une fois encore l'instruction pourtant très claire et détaillée est restée sans suite.

Une journaliste travaillant pour ENFANTS MAGAZINE a demandé aux recteurs et I.A. où en était l'application des instructions de la DEGESCO. Une nouvelle fois, puisqu'on n'avait rien fait la question est passée de bureau en bureau pour savoir ce qu'on pourrait bien répondre et, cette fois, c'est un rectorat qui a dirigé la journaliste .....vers mon téléphone.

Faut-il  désespérer du mammouth? Même lorsqu'un ministre éclairé, fin connaisseur de cette maison ingouvernable tente de remettre un peu de bon sens et de réalisme dans la direction de l'éducation il est victime du gigantisme d'une administration où personne n'est responsable et où les directives (fussent-elles sans aucun besoin de moyens supplémentaires) se perdent dans les sables de l'anonymat.

Les IUFM étaient chargés de mettre en place cette formation pour les futurs enseignants. Le seul qui m'ait invité m'a prévenu que mon intervention serait ...bénévole. Et cette invitation n'est due qu'au fait que son directeur est un ami à qui j'avais proposé mes services.

Le sang circule encore pour irriguer son cerveau mais le mammouth a les extrémités déjà prises dans la glace. 

Posté par djdj à 23:22 - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Triste constat.

Cher monsieur,

Au risque de vous décevoir, il me semble que le Mamouth est imbougeable. Vous savez que le thème des EIP est un "nano-soucis" pour l'EN.
Par ailleurs, il y a souvent des formations effectuées sur le fonctionnement des EIP, mais dans le privé.
Autrement, le travail dans l'ombre est la meilleure solution. Un peu comme comme le combat de la lecture syllabique. Beaucoup de personnes sensées ont compris que l'on ne devait attendre que peu de résultats de l'EN. Malheureusement.

Posté par Carole, 14 mai 2008 à 23:54

Vous ne me décevez pas Carole...

...et je ne me fais pas d'illusion sur la part prise par les eip parmi les urgences du ministère. Mais pour une fois qu'il publiait une bonne directive, il faut désigner les responsables qui ne donnent pas suite.
Quant au privé, je lui rend hommage à chaque occasion.
dj

Posté par dj, 15 mai 2008 à 09:17

je lui rends...

..avec un s, c'est mieux.

Posté par dj, 15 mai 2008 à 09:23

OUI, les "E.I.P." restent plutôt un nano-souci pour l'Education Nationale, mais c'est mieux qu'un non-souci.
NON, il n'y a pas que dans l'enseignement privé que des formations sont proposées sur ce sujet.
Quelques exemples:
-Val d'Oise (95):
deux conférences pédagogiques ont eu lieu les mercredis matins 26 mars et 1er avril (oui, oui! ce n'était pas un "poisson"), et ont réuni une quarantaine de collègues (enseignants de classes élémentaires et maternelles, RASED, psychologues scolaires, conseillers pédagogiques -malgré ma formulation au masculin, c'était une assemblée à très forte majorité féminine-) pour une information où ont été abordés
•les textes de l'Education Nationale sur ce sujet, textes réglementaires ou non (mais on n'a pas commenté la totalité de la soixantaine de textes de ce type accessibles sur internet)
•les questions de terminologie ("précocité", "surdouement", "haut potentiel") et leurs conséquences quant aux représentations (ah! la précocité comme une situation de "en avance" avec la conclusion évidente que "quand on est en avance, on attend!" -sous entendu "et on f... sa g..."-)
•la question de l'identification: à quoi un enseignant peut-il conjecturer qu'il a un élève de ce type dans sa classe
•quelques réponses (d'E.I.P., donc très pertinentes et très insolentes) à des idées fausses
puis
•les reconnaître c'est-à-dire accepter leur différence
•l'enrichissement
•l'approfondissement
•l'accélération tant comme raccourcissement de la durée de scolarisation (saut de classe, glissement de classe) que comme compactage
•l'aide méthodologique
Ces deux conférences pédagogiques étaient mentionnées (code 07D0950087) sur le site de l'I.A. dans la rubrique Plan Départemental de Formation Continue (d'acord, il faut un peu avoir l'habitude de se déplacer dans les pages de ce document, mais on finit par trouver).
L'un des trois stages de directeurs consacrera une matinée à cette question.

- Paris (75)
Une plage de trois heures sur ce sujet au cours du stage "AFFRONTER LES DIFFICULTÉS SCOLAIRES Code 07D0750129"
Une information d'une demi-journée pour des enseignants de RASED, REP, RAR...

Et un scoop (puisque rien n'a transpiré à ce sujet sur ce blog): le groupe national de réflexion sur ce sujet a bien été constitué et travalle depuis mars pour:
- Elaborer, en direction des recteurs et des inspections académiques, d’un guide d’aide à la conception de formation selon ce qui a été précisé par la circulaire n° 07-158 du 17 octobre 2007
- Mutualiser les différents travaux existants
- Produire des documents avec un échéancier

Il ne faut jamais désespérer du mammouth, même s'il a déjà les pieds dans la glace!!!

Par ailleurs, il y a aussi, ouvertes à tous enseignants et souvent pour une participation financière plus que modique, des formations organisées dans des cadres associatifs... qui peuvent être répliquées, telles quelles ou avec adaptation, à la demande de chefs d'établissement, Inspections Académiques, Rectorats et autres couches et sous-couches hiérarchiques du mille-feuilles éducnatien.

Giftedly yours... (avec mes excuses pour les anglophobes, mais je me vois mal écrire "altipotentiellement vôtre"! -hé ben si, c'est fait-)

Posté par Sophie, 15 mai 2008 à 10:31

Mercie Sophie....

....pour vos informations. Je vois que dans le Val d'Oise, comme en Seine Maritime, il se passe des choses même dans le secteur public. Tant mieux. Ce que je regrette, c'est que l'initiative soit souvent locale, individuelle (même lorsqu'elle s'appuie sur les associations qu'on ne remerciera jamais assez.
Merci aussi pour le scoop qui me rassure un peu (un peu seulement car quand on veut enterrer une question on crée....une commission) Rien n'avait transpiré sur ce blog car, sauf erreur de ma part, il n'y a pas eu d'annonce ni d'appel à candidature. Peut-on connaître la composition de ce groupe de travail et les critères qui ont guidé le choix de ses membres? Merci Sophie pour vos infos.
dj

Posté par dj, 15 mai 2008 à 12:42

Formation

Sophie,
Je savais tout cela. Sans être pessimiste quant au résultat, il me semble que l'intérêt du privé est plus positif que celui du public. Après c'est l'individuel qui compte, mais il y a toujours une certaine méfiance envers les EIP.
Dur combat.

Posté par Carole, 15 mai 2008 à 17:04

Suite des nouvelles du mammouth

En réponse aux commentaires précédents.

A ma connaissance, pour la constitution du Groupe National, il n'y a pas eu d'appel à candidatures, ni d'annonce (mais je ne suis généralement pas très à la pointe de l'information). Le Groupe était en constitution par la DGESCO depuis un certain temps (plusieurs mois), mais il fallait trouver un élément de chaque type avant de démarrer.
Quelques contraintes que j'ai cru comprendre:
-pas de budget (donc éviter tout ce qui peut entraîner des frais de déplacement, donc préférer des participants de Région Parisienne -une seule exception, me semble-t-il-)
-une composition intercatégorielle: un I.G. (je ne pense pas trahir un secret en indiquant qu'il s'agit de Monsieur DELAUBIEER), un I.A., un principal, un principal-adjoint, un psychologue scolaire, un I.E.N., un P.I.U.F.M., un professeur de collège, un professeur d'école, ... qui constituent un noyau stable (dans la mesure où le calendrier est compatible avec leur service "standard")
-ce noyau est constitué de personnels Education Nationale qui avaient acquis une certaine compétence sur ce sujet (une compétence certaine serait peut-être plus conforme à la réalité?)
-des participants occasionnels, pour leur compétence pointue sur certains aspects: le cas échéant, ces personnes compétentes pourraient ne pas être des personnels Education Nationale.

Quitte à paraître désagréable par rapport à certains enseignants, je serais tentée de dire que, pour beaucoup, il est commode de rejeter l'inertie sur la hiérarchie, alors que bien des initiatives peuvent être prises "au ras de la pâquerette": une équipe d'enseignants de collège, un professeur d'école, s'ils veulent tenter quelque chose, ont beaucoup plus de liberté que ce que certains veulent bien reconnaître. Cela me paraît un peu plus difficile en colège, car une initiative isolée ne donne pas grand'chose, alors qu'en école, cela peut permettre de démarrer sur un niveau.

Des informations que j'ai du "privé" je tirerais trois enseignements:
-un chef d'établissement du privé semble généralement plus en mesure de (habitué à?) "secouer le cocotier", ce qui ne veut pas dire qu'aucun de leurs collègues du "public" ne se remue pour tenter de faire bouger les choses (relire les rapports Bassy et Dugruelle: cette importance de l'initiative individuelle est bien explicitée)
-constituer une équipe (complète pour au moins une classe, dans le cas d'un collège) d'enseignants ouverts, formés, compétents, n'est visiblement pas simple
-il y a un "marché" (un "segment porteur"?) et des arguments marketing qui ne sont parfois pas plus fiables que les publicités pour les "alicaments"...

Si l'intérêt du privé vous semble plus positif que celui du public c'est peut-être aussi que le privé doit attirer des clients, alors que le public est doté d'office d'usagers?

Le souci majeur me semble être l'intérêt de moins en moins dense de ce qui est proposé dans les classes -non: imposé est plus pertinent que proposé-. Si l'on retrouvait un enseignement plus tonique, il y aurait une population d'élèves qui s'ennuiraient moins. Actuellement, ils deviennent peut-être des "faux positifs".

Par ailleurs, du côté du "public", on se méfie comme de la peste des risques de constituer des "filières d'élite fermées": un groupe d'enseignants qui veulent démarrer une prise encompte des Besoins Educatifs Particuliers de ces élèves sera certainement plus épaulé si l'établissement est situé en Z.E.P., R.E.P. ou autre zone sensible, que s'il est dans des quartiers chics et recrute surtout des "CSP+". Cette réticence peut se comprendre.

Posté par Sophie, 17 mai 2008 à 10:47

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